Frères d’Art – expo sans titre
@Isabelle Virot
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Dans la forêt des fées en Bretagne, il est une clairière où les korrigans aiment à se réunir pour jouer à Frères d’Art. Ils sont plusieurs assistants à rassembler le matériel pour que les deux frangins en tirent la quintessence.

Les lutins chantent et dansent une ronde. Celui qui est au milieu doit citer un matériau jusqu’à épuisement de leurs connaissances. Si un étranger après s’être égaré dans la lande est invité à danser et qu’il peut citer un nouveau matériau, ils le couvrent d’or.

Les deux lurons sont frères donc, mais d’abord ils sont artistes. Ils ont hérité l’art de l’assemblage des nains forgerons qui gîtent dans la vieille mine. Ils savent croiser le fer et l’ambre sur leurs toiles.

@Isabelle Virot

Flibustiers de la rouille et capitaines d’aventure des bois-flottés ; ils sont à la manœuvre et nul ne commande mieux à nos émotions. Les pochoirs paraissent coordonnés avec le travail de corrosion sur le métal ou de celui du ressac et du sable sur le bois. Je pense au portrait d’une femme qui m’évoque Bouche Dorée, les années passées, les fantômes de Corto Maltese. 

Mais ici, point de croix, de Moine, ni de calvaire dans l’univers des frères. La cosmogonie est tellurique, elle est née de la force des géants qui se sont affrontés dans l’arène du monde. L’univers des peintres est païen, tant pis s’il n’est pas impie.

@Isabelle Virot
@Isabelle Virot

La petite musique des frères, réside notamment dans la savante déconstruction des images préfabriquées, déjà vues, clichés, qu’ils opèrent en assemblant leurs tableaux. Chaque détail présente une  deuxième vie, il a une histoire singulière dont l’art consiste à lui donner sa place dans le concert. La coda est atteinte lorsque le spectateur devine l’origine du morceau. C’est alors une révélation qui le guide à travers la forêt de signes dont ils ont agrémenté la plage sucrée de leurs toiles. Jusqu’au trésor.

La quantité de portraits qui émaillent leur travail témoigne de leurs rencontres, de leur appétit de connaissance du monde. C’est pourquoi quand je me perds sur leur terrain, je me sens comme un Korrigan invité dans la ronde…

@Isabelle Virot

VERNISSAGE LE VENDREDI 13/09/2019 ! au LAVO//MATIK
Du 13 au 28 septembre 
20 Bvld du General Jean Simon, Paris 13eme

Article écrit par:

Sigismond Cassidanius, un artiste polymorphe qui participe à un groupe de collagistes, fait des pochoirs, écrit des textes de présentation d’expositions et anime un groupe dédié au street-art. Il s’intéresse au mouvement des arts de la rue depuis les années 90 où il fonde l’association Jonas qui se rendra publique avec l’occupation du Lycée Diderot (Pole-Pi) en 1995 et la première fresque rue Ordenner, en 1999. Après des études de formation à la connaissance des banlieues en anthropologie ouvrière, il s’oriente vers l’éducation populaire où il commence comme animateur avant d’assumer la direction de plusieurs centre de loisirs dans des quartiers difficiles pendant une quinzaine d’années. Aujourd’hui, il partage sa passion des arts urbains à travers ses visites et son soutien  à la Friche Trois-Couronnes à Belleville.

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